Archives: June 2013

Eolys : l’éolienne de 50 kW en test auprès du SEPEN

Eolys : l'éolienne de 50 kW en test auprès du SEPENSix mois après le lancement de sa Métronome 50kW, Eolys a annoncé avoir déposé son dernier modèle de petite éolienne auprès du SEPEN (Site Expérimental pour le Petit Eolien National) en vue d’un test de validation.

Le concepteur et fabricant français spécialisé dans le petit éolien a livré mi-mai la version 50kW – 16 mètres de diamètre, lancée en novembre 2012, auprès du SEPEN, unique site expérimental indépendant en France, dont le rapport sera remis à la fin de l’année.

Durant près de six mois, ce modèle a fait l’objet de multiples contrôles et tests afin de déterminer et de valider la courbe de puissance normalisée*. Sur le site, cette courbe sera établie suivant la méthode des intervalles sur les séries de données normalisées (conformément à la norme IEC61400-12 §5.2).

Cette procédure de validation exercée par un organisme d’essai indépendant prend tout son sens et sa légitimité sur un marché aujourd’hui en plein doute, avec des clients de plus en plus méfiants face à des vendeurs de machines peu scrupuleux. Nous attendons avec confiance et impatience les résultats de ces tests qui, incontestablement, contribueront au développement de notre activité en France” s’est réjouit Jérôme Bousquet, Directeur général d’Eolys et Président du Syndicat National du Petit Eolien (SYPEO).

Ce test de validation n’est, à l’heure actuelle, pas une obligation pour les producteurs de petites éoliennes mais il permet d’ajouter de la crédibilité face à la concurrence notamment.

Cette volonté, qui s’inscrit dans la perspective des demandes formulées dans le livre blanc rédigé par le SYPEO remis à la Ministre du Développement durable et au Syndicat des Energies Renouvelables dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, est née d’une pédagogie en vue d’engager une démarche qualité indispensable dans le but de crédibiliser et pérenniser une filière d’avenir, génératrice d’emplois.

* La courbe de puissance est un graphe qui représente la puissance de sortie d’une éolienne à différentes vitesses de vent. Elle est élaborée à partir de mesures effectuées sur site en fixant un anémomètre sur un mât situéà proximité de l’éolienne et non directement sur l’éolienne même ou trop près de celle-ci car elle risque alors de provoquer des turbulences qui nuiront à la fiabilité des mesures.

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Suzlon signe deux contrats pour des parcs éoliens en Bourgogne

Suzlon signe deux contrats pour des parcs éoliens en BourgogneREpower Systems, filiale du Groupe Suzlon, a annoncé hier la conclusion de deux contrats avec ABO Wind pour la fourniture de 13 turbines éoliennes de type MM92 qui seront installées en Bourgogne, dans deux parcs éoliens distincts.

Les éoliennes de ces parcs qui ont une hauteur de moyeu de 80 mètres et une puissance nominale de 2,05 MW, développeront une puissance totale de plus de 26 mégawatts (MW). Le parc éolien de Clamecy, composé de 6 machines de type MM92, est situé dans le département de la Nièvre tandis que 7 autres seront destinées au parc éolien des communes de Migé et Escamps, dans le département de l’Yonne.

Les premières machines seront livrées pour automne 2013 avec une mise en service prévue avant l’hiver 2013/14. REpower indique par ailleurs qu’elle assurera la maintenance de ces deux parcs pour une période de 15 ans.

Nous sommes ravis de la confiance accordée par ABO Wind. Ces parcs viennent renforcer notre présence en Bourgogne, région très dynamique dans l’éolien. De plus, notre portefeuille produits est parfaitement adapté aux différentes classes de vent du territoire français” a déclaré Olivier Perot, Directeur Général de REpower S.A.S.

Les deux projets bourguignons concrétisent notre engagement en terme d’éolien citoyen” a souligné de son côté Patrick Bessière, gérant de la société ABO Wind SARL à Toulouse.

Les deux éoliennes du projet Escamps appartiendront à ABO Invest qui est détenue par ABO Wind AG en Allemagne à 20% et à 80% par plus de 2.000 particuliers. La société possède déjà sept parcs éoliens en France, en Allemagne et en Irlande. ABO Invest se portera par ailleurs acquéreur de 65% du parc éolien de Clamecy. Les 35% restants devraient être acquis par la SEM Nièvre Energies, une société d’économie mixte locale, crééà l’initiative du SIEEEN (le Syndicat Intercommunal d’Energies d’Equipement et d’Environnement de la Nièvre), des communes de Clamecy et Oisy, ainsi que d’une structure citoyenne locale.

La filière éolienne est une réelle opportunité industrielle pour les territoires en France. REpower a établi des partenariats de longue date avec des industriels ainsi que des prestataires de service français. Nous souhaitons développer d’autres partenariats mais il est primordial de sécuriser rapidement la question du tarif de rachat et d’avoir un cadre législatif stable pour l’éolien” a conclu Olivier Perot.

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Tepco révèle une autre fuite d’eau contaminée à Fukushima

Tepco a révélé une autre fuite d’eau contaminée dans l’un des bâtiments des réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima, qui a été le théâtre d’une crise nucléaire en Mars 2011.



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L’Europe maintient sa taxe sur les panneaux solaires chinois

L'Europe maintient sa taxe sur les panneaux solaires chinoisLa Commission européenne a décidéà l’unanimité d’imposer des taxes douanières provisoires sur les importations de panneaux solaires, de cellules photovoltaïques et de plaquettes de silicium (Wafers) en provenance de Chine.

La Commission européenne a expliqué que cette décision faisait suite aux enquêtes approfondies et sérieuses en plus des entretiens réalisés auprès des acteurs du marché. “La vérité est que notre action est d’assurer une concurrence loyale et le respect des règles du commerce international pour lesquelles l’Europe et la Chine ont signéà l’OMC” a indiqué le commissaire au Commerce, Karel De Gucht qui répond aux accusations de protectionnisme.

Comme le marché des importations de panneaux solaires dans l’UE est très large, il demeure important que cette mesure ne vienne pas le perturber. Par conséquent, une approche progressive sera nécessaire avec une taxe douanière fixée à 11,8% jusqu’au 6 août 2013. Ensuite, elle sera réévaluée à hauteur de 47,6%, soit le niveau requis pour compenser le préjudice causé par cette distorsion sur l’industrie européenne” a par ailleurs indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

Malgré tout, la Commission européenne réaffirme sa volonté de poursuivre les discussions avec les exportateurs chinois et avec la Chambre de commerce chinoise pour trouver une solution. Cela sous entend que les autorités européennes n’excluent pas de suspendre les taxes provisoires si une solution négociée est trouvée.

Cette décision a été prise après une enquête de 9 mois, lancée en septembre 2012, au cours de laquelle la Commission européenne a constaté que les entreprises chinoises vendaient des panneaux solaires en Europe bien en dessous de leur valeur de marché, causant un préjudice notable pour les producteurs de panneaux solaires. En effet, la valeur d’un panneau solaire chinois vendue en Europe devrait être selon Bruxelles, 88% plus élevé que le prix auquel il est vendu réellement.

La décision de la Commission donne à l’Union européenne et à la Chine un laps de temps très court pour trouver une solution négociée. Nous appelons les deux parties à trouver un accord dans les deux mois, évitant toute augmentation de prix et prenant en compte les intérêts de l’industrie solaire européenne en amont et en aval” a expliqué Thorsten Preugschas, PDG de la société allemande Soventix GmbH et Président de l’AFASE. “Nous devons être clairs sur une chose : les évolutions actuelles du marché ne permettent aucune augmentation des prix. Des droits de douanes à hauteur de 11,8% mettront fin à la plupart des projets photovoltaïques dans l’Union européenne et nuiront très gravement à la chaîne de valeur du secteur solaire européen.”

Nous sommes soulagés que la Commission Européenne ait finalement décidé d’introduire des mesures concrètes contre le dumping chinois, qui a déjà coûté des milliers d’emplois et plus de 60 fermetures d’usines au sein de l’industrie solaire européenne. Le dumping est une fraude, nuit au futur de l’énergie solaire et doit être relégué au passé. Par conséquent, nous sommes ouverts aux négociations avec la Chine parce que c’est au tour de la Chine d’agir” a indiqué au contraire EU ProSun, un groupement de défense d’intérêts des entreprises européennes.

La Commission européenne précise qu’elle va maintenant poursuivre son enquête et entendre les points de vue de toutes les parties intéressées. Le gouvernement chinois a maintenant deux mois pour avancer des propositions qui devront aboutir à l’arrêt définitif de leur dumping.

Le 5 décembre au plus tard, l’UE devra décider si des taxes antidumping définitifs seront imposées pour une durée de cinq ans.

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Projet VENTEEA : stocker plus d’1MWh d’électricitééolienne

Projet VENTEEA : stocker plus d'1MWh d'électricitééolienneSaft, fabriquant de batteries industrielles, a annoncé avoir été sélectionné aux côtés d’ERDF et de plusieurs autres partenaires dans le cadre du déploiement du projet VENTEEA.

Ce projet a reçu le soutien de l’ADEME dans le cadre du programme réseaux électriques intelligents des Investissements d’Avenir, et a pour but de tester des équipements et des outils de gestion innovants destinés aux réseaux de distribution d’électricité situés en milieu rural, notamment ceux implantés à proximité de champs de production d’énergies renouvelables.

Pour la première fois, Saft prévoit d’installer une batterie Li-ion Intensium(r) Max dans un conteneur de 40 pieds (12,2 mètres). Il est prévu de tester les multiples services fournis par la batterie afin d’améliorer la performance globale du système tant pour le producteur de l’énergie éolienne que pour le gestionnaire du réseau de distribution. L’utilisation des batteries Li-ion permettrait d’augmenter la capacité d’accueil des énergies renouvelables dans les réseaux, de participer à la stabilisation du réseau et d’accroître globalement l’efficacitéénergétique tout en diminuant l’impact environnemental de la production d’énergie.

Saft est heureux de participer à ce projet innovant en France qui envisage de déployer des solutions de stockage d’énergie d’un niveau de puissance et d’énergie très élevés. Nous sommes fiers de pouvoir proposer une solution innovante qui associe une capacité de stockage au-delà d’un MWh et une puissance de 2MW au sein d’un système unique” a déclaré François Bouchon, Directeur de l’activité stockage d’énergie de Saft. “Ce projet définira les conditions du déploiement du stockage en support d’une production d’électricitééolienne, en grandeur réelle dans un système batterie Li-ion et pourrait ainsi en démontrer tout l’intérêt” a précisé Didier Colin, Chef de Projet Smart Grid VENTEEA pour ERDF.

VENTEEA

L’émergence des énergies renouvelables décentralisées et variables, est de nature à entraîner une modification profonde dans la manière d’exploiter les réseaux. Cette exploitation doit en effet faire face à l’injection de ces multiples sites de production d’origine renouvelable, en n’importe quel point du réseau, tout en assurant la sûreté du système électrique, la sécurité d’alimentation électrique et bien évidemment la sécurité des biens et des personnes. En particulier, le gestionnaire de réseau de distribution doit désormais gérer des flux électriques sur les réseaux, hier unidirectionnels, qui deviennent bidirectionnels avec un réel impact sur la qualité de l’onde électrique.

Le projet VENTEEA propose d’expérimenter le réseau HTA (20 kV en France) du futur en levant les freins technologiques, économiques et régulatoires. À ce titre, le projet testera des équipements et des outils de gestion innovants sur le réseau de distribution HTA, en milieu rural, en présence d’énergie éolienne.

Les objectifs du démonstrateur VENTEEA sont d’améliorer l’efficacité du réseau et de mieux intégrer et valoriser l’énergie éolienne sur ces réseaux, tout en optimisant les coûts de raccordement. L’augmentation de la part des énergies renouvelables nécessite de disposer de nouveaux outils pour accroître l’observabilité et la pilotabilité des réseaux, sur lesquels elles s’insèrent mais qui n’ont pas été conçus pour accueillir une telle production. Ces outils devront permettre de limiter les déconnexions intempestives des moyens de pro duction, d’anticiper et de lisser les fluctuations de leur production. Ces outils permettront également d’adapter les plans de tension en conséquence, de mieux contrôler la puissance réactive ou encore de détecter plus rapidement les défauts et de les localiser sur le réseau. Par ailleurs, des moyens de stockage pourraient être déployés au niveau des moyens de production décentralisés afin de participer à la stabilisation du réseau et d’augmenter sa capacité d’accueil

Partenaires du projet : ERDF, Saft, Schneider Electric, Enel Green Power France, RTE, General Electric, Made, EDF R&D, L2EP, UTT

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PV chinois : le WWF se positionne contre les taxes à l’importation

PV chinois : le WWF se positionne contre les taxes à l'importationPlusieurs ONG environnementales, dont le WWF, ont pris des positions tranchées* en exhortant les décideurs de l’Union Européenne d’abandonner le projet d’imposer des “taxes punitives” comprises entre 37% et 68% sur les importations de panneaux solaires chinois.

Pour le WWF, une telle démarche nuirait non seulement à la croissance rapide de l’énergie solaire en Europe avec des destructions d’emplois, mais elle remettrait en question la volonté politique d’aller vers une économie basée sur les énergies décarbonées et ‘propres’.

Les droits de douane punitifs sur les panneaux solaires chinois menacent un quart de million d’emplois dans le secteur de l’énergie durable en Europe. Ils torpillent la possibilité d’avoir des prix abordables dans les énergies renouvelables, suppriment la croissance de l’énergie solaire et minent par conséquent la voie d’une économie de l’énergie propre alimentée entièrement par des énergies renouvelables“, a déclaré Ron Wit, directeur de l’Energy team chez Nature et Environnement.

Pour le WWF et Nature & environnement, désavantager les énergies renouvelables alors même que les émissions de carbone et le changement climatique sont en augmentation constante est une absurdité. Et d’ajouter : “cela laisse un goût amer dans la bouche lorsque l’on sait que le monde dépense chaque année 2.000 milliards de dollars en subventions pour les combustibles fossiles.”

Aucun doute que les lobbies du charbon, du pétrole, du nucléaire et du gaz ouvriront des bouteilles de champagne tant que la Commission européenne échouera à s’attaquer à leur impact continu et préjudiciable sur la nature et la société, ignorant l’escalade des subventions aux combustibles fossiles“, a ajouté Stephan Singer, directeur de la politique énergétique mondiale au WWF. “Au lieu de regarder la situation dans son ensemble et créer des emplois durables dans un contexte de crise financière européenne, la Commission se concentre sur un problème mineur. En détruisant de nouvelles activités commerciales ‘propres’ et en s’engageant dans une guerre commerciale avec la Chine, ces technologies sont les dernières choses dont nous avons besoin en ce moment.”

La décision de la Commission européenne devrait être annoncée à partir du 5 juin.

* Prise de position du WWF (ici) .pdf
** International Monetary Fund study : ‘Energy subsidy reform : Lessons and implications’ (ici) .pdf

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Google investit encore dans le solaire, mais sur le continent africain

Google investit encore une fois dans le solaire, mais en Afrique du SudGoogle a annoncé officiellement avoir réalisé son premier investissement sur le continent africain avec le projet Jasper, soit 12 millions de dollars pour une centrale solaire photovoltaïque (96 MW) située dans la province de Northern Cape en Afrique du Sud.

Jasper deviendra l’une des plus grandes installations solaires sur le continent, capable de générer suffisamment d’électricité pour environ 30.000 foyers sud-africains.

Actuellement, l’Afrique du Sud dépend principalement des combustibles fossiles. Or, il existe un énorme potentiel dans les énergies renouvelables pour ce pays dont les ressources en vent et en soleil sont abondantes. Le gouvernement ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a fixé un objectif ambitieux de 18 gigawatts (GW) d’énergies renouvelables d’ici 2030. A titre de comparaison, l’ensemble du réseau sud-africain détient environ 44 GW.

Google investit encore une fois dans le solaire, mais en Afrique du Sud

Jasper devrait créer environ 300 emplois durant la phase de construction, ainsi que 50 emplois permanents par la suite dans une région aux prises avec un taux de chômage élevé. Le projet participera également au développement rural et autres programmes d’éducation. D’un point de vue économique, les recettes tirés de l’implantation et de l’exploitation de la centrale solaire devraient s’élever à environ 26 millions de dollars sur toute la durée de vie du projet.

Google a investi plus de 1 milliard de dollars dans les énergies renouvelables. La firme indique vouloir rechercher de nouvelles opportunités : “Nos recherches nous ont amené hors des Etats-Unis pour l’Europe et maintenant l’Afrique. Nous sommes impatients de voir où cela pourrait encore nous conduire” a expliqué Rick Needham, directeur de la branche Energy & Sustainability chez Google.

** Projet développé et financé par SolarReserve, Intikon energy, le Groupe Kensani.

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La France a atteint la limite de son potentiel en Hydroélectricité

L’Union Française de l’Electricité (UFE) a organisé dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, une table ronde intitulée « Hydroélectricité, atouts de la filière et développement de son potentiel ».

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L’écotaxe poids-lourds est officiellement validée

Le Parlement Européen vient d’adopter le projet de loi portant diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports.

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UE vs Chine : l’Europe doit sauver son industrie photovoltaïque

UE vs Chine : l'Europe doit sauver son industrie photovoltaïqueEn Europe, l’industrie du panneau solaire est déclinante. Et doit faire face à une Chine très dynamique et concurrentielle qui sait exploiter l’absence de cohérence de l’UE dans le secteur. Yannick Jadot, député européen EELV, vice-président de la commission du commerce international, appelle les États membres à défendre des mesures anti-dumping.

L’Europe parviendra-t-elle à sauver son industrie photovoltaïque ?

La bataille fait rage, après la proposition par la Commission européenne d’instaurer des mesures anti-dumping pour protéger l’industrie européenne face aux importations de panneaux photovoltaïques chinois largement subventionnés.

Les réserves de l’Allemagne

Dès le lendemain, sans pour autant contester le caractère déloyal de la concurrence chinoise, l’Allemagne exprimait de fortes réserves, par peur d’une hypothétique guerre commerciale avec la Chine. Et depuis, Pékin est parvenu en coulisse à retourner une dizaine d’Etats-membres contre la Commission, en les soumettant à des pressions indignes. Le 5 juin, la Commission adoptera finalement – ou pas – ces mesures de bon sens.

Faut-il y voir du protectionnisme européen ? La critique fait sourire, tant la Commission européenne croit aux vertus du libre-échange, et tant l’Europe est de très loin le marché le plus ouvert de la planète. Plus d’un an après l’administration américaine, la Commission est parfaitement dans son rôle de sanctionner des pratiques avérées de dumping évaluées à plusieurs dizaines de milliards de dollars de soutiens publics par la Chine à son industrie.

Faut-il redouter le déclenchement d’une guerre commerciale ? Ne soyons pas naïfs : quand un pays utilise le dumping social, environnemental, fiscal et monétaire pour gagner des marchés internationaux géostratégiques, ou menace de rétorsions les États qui oseraient contester ces pratiques, il est évident que nous sommes déjà en situation de guerre commerciale.

Revenons donc sur l’essentiel. En 2011, et ce malgré la crise économique, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont atteint plus de 200 milliards d’euros, cinq fois plus qu’en 2004. Les renouvelables représentent dorénavant plus de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité installées dans le monde.

Le dumping agressif de Pekin

Sauf qu’en dépit de ce succès mondial, aux États-Unis et en Europe, l’industrie photovoltaïque fait face à une crise sans précédent : de nombreuses entreprises déposent le bilan, les autres tentent de faire face avec des marges extrêmement réduites. Des dizaines de milliers d’emplois “d’avenir”, des compétences et des outils industriels récents disparaissent dans un marché mondial inondé par les panneaux chinois.

Car Pékin nourrit depuis quelques années une véritable bulle grâce à un dumping agressif, en subventionnant massivement les capacités nationales de production de panneaux. Résultat, elle génère des surcapacités mondiales de production d’au moins 40% et la dégringolade des prix de vente.

En France, la situation est morose. Toujours marqué par le moratoire sur les appels d’offre imposé sous le précédent gouvernement et qui a détruit près de 15.000 emplois, le secteur subît de plein fouet la concurrence chinoise. L’an dernier Photowatt n’a dû sa survie qu’à son rachat in extremis par EDF en pleine campagne présidentielle. Les dernières entreprises industrielles du secteur et leurs 3000 emplois sont directement menacés.

L’offensive chinoise modifie donc profondément les filières photovoltaïques en Europe : sauf mesures anti-dumping, les activités industrielles disparaîtront pour ne laisser sur nos territoires que les activités amont (principalement la R&D) et aval (services de commercialisation, installation, maintenance et recyclage).

Ces activités ne sont pas marginales, puisqu’elles représentent près de 60% de la valeur ajoutée de la filière et de nombreux emplois.

Une nouvelle division internationale ?

Il n’empêche, acter la fin de toute industrie verte européenne reviendrait à mettre en place une nouvelle division internationale du travail, entre une Chine industrieuse et une Europe des services, à l’exception de l’Allemagne qui – pour combien de temps encore ? – fournit à la Chine les machines outils. Une division que semblent soutenir une partie des “installateurs” de panneaux, satisfaits d’importer des panneaux low cost dans une phase très délicate pour les renouvelables. Position compréhensible mais court-termiste et dangereuse.

Rappelons que les prix des panneaux produits en Europe baissent tous les ans, fruit des efforts d’innovation et de productivité des industriels. À l’inverse, la chute des prix liée au dumping chinois ne correspond à aucune réalitééconomique durable. Il ne fait aucun doute que les prix remonteront, dès que les surcapacités de production mondiale auront disparu et que l’industrie chinoise sera en situation de quasi-monopole.

Les installateurs en Europe, qui réclament légitimement la stabilité de leur environnement juridique et économique, ne doivent pas miser sur les bénéfices à court terme d’une déstabilisation des acteurs situés en amont de leurs activités. Une industrie européenne est un gage de développement durable pour l’ensemble de la filière. De même, elle est une valorisation et un débouché indispensables pour maintenir le dynamisme et la capacité d’innovation des centres européens de recherche, comme le très performant Institut National de l’énergie solaire créé en 2006 et installé en Savoie.

Mais la menace n’est plus seulement économique, elle devient aussi démocratique.

L’énergie est un enjeu géopolitique majeur : aucun pays ou continent ne peut se placer sous dépendance d’un fournisseur en situation de monopole de fait. Qui peut imaginer que l’Europe, après avoir été dépendante du Moyen-Orient et de la Russie pour ses importations de pétrole et de gaz, se soumette cette fois au bon vouloir du Parti Communiste Chinois pour assurer le développement de ses énergies propres ?

Les défaillances criantes de l’Europe

Notre continent est déjà confrontéà une désindustrialisation massive qui menace de déstructurer en profondeur nos sociétés, nos économies et nos territoires. À moins d’imaginer que l’économie européenne puisse se réduire aux seuls services, il serait paradoxal d’abandonner l’une des grandes industries du siècle à venir, dès aujourd’hui innovante, créatrice d’emplois et compétitive en situation de concurrence loyale.

Face au mur du chômage, l’économie verte doit aussi assumer sa part de responsabilité et offrir des réponses concrètes aux pertes d’emplois dans l’automobile, la chimie, la sidérurgie ou les énergies nucléaires et fossiles.

Pour ce faire, un État ne peut agir seul. Le photovoltaïque illustre parfaitement l’absolue nécessité de l’Europe et ses défaillances criantes.

La réponse ne peut être qu’européenne si l’on veut soutenir la recherche et l’innovation, favoriser l’accès au financement, et préparer la réorganisation industrielle du secteur autour de grandes unités européennes de production de cellules d’une part, capables par leur taille d’être concurrentielles au niveau mondial, et d’un réseau très compact de PME et d’entreprises de taille intermédiaire innovantes d’autre part.

Plus largement, la réponse ne peut être qu’européenne si l’on veut un jour parvenir à privilégier, pour une partie des marchés publics, des produits et services provenant d’entreprises européennes et locales. C’est la condition pour permettre une synergie efficace entre les territoires et les industries de demain, au service d’une énergie propre et créatrice d’emplois en Europe.

Les États ne doivent pas baisser les bras

Dans le même temps, le débat sur le photovoltaïque chinois démontre les défaillances majeures de l’Europe :

- absence de politique industrielle commune au service des secteurs d’avenir et des objectifs de l’Union en matière de lutte contre les changements climatiques ainsi que de développement des renouvelables

- absence de politique d’investissement et de relance forte de l’économie sur des bases durables, qui laisse par conséquent les pays devenir de plus en plus dépendants des investissements chinois et de leurs intérêts géostratégiques

- division des Etats-membres et abandon de souverainetéénergétique, industrielle et démocratique au profit d’une puissance qui ne partage pas, loin s’en faut, les exigences démocratiques et de développement durable de l’Europe…

Il y a urgence.

Pour une fois que la Commission européenne s’attache à véritablement protéger une de ses industries, il serait incompréhensible que les Etats baissent les bras sous pression chinoise. Il ne faut pas laisser l’Allemagne, et encore moins la Chine, décider pour 500 millions d’Européens ! Angela Merkel ne peut pas promettre un partenariat industriel franco-allemand sur les renouvelables, tout en passant un deal avec la Chine qui en détruit toute perspective !

Il est indispensable que les 27 États-membres soutiennent, dès le 5 juin prochain, ces mesures anti-dumping de protection de l’industrie européenne face aux importations chinoises. Le sauvetage et le développement d’une industrie européenne des énergies renouvelables doivent devenir l’acte de naissance d’une politique industrielle commune et d’une nouvelle souverainetéénergétique.

Tribune de Yannick Jadot
Député européen (EELV)

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